Dernière mise à jour : 18 aout 2026
La réforme accorde davantage d’importance aux périodes de travail effectif pour l’ouverture de certains droits à la pension.
Or, les femmes connaissent plus souvent des carrières interrompues ou réduites en raison des responsabilités familiales, des congés parentaux, du travail à temps partiel ou de périodes consacrées aux soins.
Dès lors, plusieurs mesures de la réforme risquent d’avoir un impact plus important sur les femmes que sur les hommes, notamment en ce qui concerne la pension anticipée et le malus pension.
Emploi de fin de carrière: quelles conséquence?
L’accord de gouvernement prévoyait un durcissement des conditions d’accès aux emplois de fin de carrière à partir de 60 ans. La condition de carrière devait passer de 25 à 35 ans.
Grâce à un accord social négocié par la FGTB, ce durcissement ne sera toutefois que partiellement appliqué. Pour les femmes, la condition de carrière n’augmentera que progressivement pour atteindre 30 ans en 2030.
Et la retraite anticipée?
La réforme durcit les conditions d’accès à la pension anticipée.
À partir de 2027, une année de carrière ne comptera plus pour l’accès à la pension anticipée à partir de 104 jours travaillés ou assimilés, mais à partir de 156 jours travaillés ou assimilés, soit l’équivalent de six mois de travail à temps plein.
Cette modification touche particulièrement les personnes dont la carrière comporte davantage de périodes à temps partiel ou d’interruptions de carrière.
Selon les estimations disponibles, environ 4 travailleurs sur 10 pourraient devoir reporter leur départ à la pension anticipée. Parmi les personnes concernées, une majorité sont des femmes.
Pour certaines personnes aujourd’hui âgées de 58 ans ou moins, le report du départ à la pension pourrait atteindre plusieurs années.
Quid des périodes assimilées?
La réforme limite progressivement la part des périodes assimilées pouvant être prises en compte dans le calcul de la pension.
Pour les personnes nées en 1968 ou après, la part des périodes assimilées de chômage et de fin de carrière est limitée à 20 % maximum. Pour les cohortes plus âgées, un pourcentage plus élevé s’applique.
Cette mesure risque de toucher davantage les femmes. En moyenne, les périodes assimilées représentent 34 % de la carrière de pension des salariés. Pour les femmes, cette proportion atteint 39 %.
Les périodes assimilées jouent aujourd’hui un rôle important dans la réduction des inégalités de pension entre les femmes et les hommes. Sans elles, l’écart de pension atteindrait 43 %, contre 31 % actuellement.
Que devient la pension de survie/de conjoint divorcé?
L’accord de gouvernement prévoit un relèvement de l’âge minimum d’accès à la pension de survie ainsi que la suppression de la pension de conjoint divorcé.
Ces modifications touchent principalement des droits dont les bénéficiaires sont très majoritairement des femmes.
En janvier 2023, 16 % des pensions en cours étaient des pensions de survie, soit 667.086 pensions. Près de 95 % des bénéficiaires étaient des femmes.
En 2022, on comptait également 168.477 pensions de conjoint divorcé. Près de 8 bénéficiaires sur 10 étaient des femmes.
La FGTB estime que les restrictions apportées à ces dispositifs risquent d’accroître les inégalités de pension entre les femmes et les hommes.
Et la pension des fonctionnaires?
La réforme modifie également les règles de pension applicables aux fonctionnaires.
Le coefficient d’augmentation utilisé pour certaines catégories de personnel bénéficiant d’un régime préférentiel est progressivement réduit ou supprimé. Cette mesure concerne notamment certaines fonctions relevant de l’enseignement et des services actifs.
Par ailleurs, la pension des fonctionnaires ne sera plus calculée uniquement sur la rémunération moyenne des dix dernières années de carrière. Le calcul sera progressivement étendu à une période plus longue afin de se rapprocher d’un calcul sur l’ensemble de la carrière.
Ces modifications risquent de réduire le montant de la pension de nombreux fonctionnaires et d’allonger la durée de carrière nécessaire pour bénéficier de certains avantages liés à la pension.
Malus pension: concrètement?
Le malus pension s’applique aux travailleurs qui prennent leur pension avant l’âge légal sans remplir la condition de travail prévue par la réforme.
Pour être dispensé du malus, il faut justifier :
• de 35 années comportant chacune au moins 156 jours de travail effectif ;
• et de 7.020 jours de travail effectif sur l’ensemble de la carrière.
Selon les estimations disponibles, 1 sur 4 des travailleurs ne remplissent pas la condition des 35 années de travail effectif au moment du départ à la pension. Parmi eux, une majorité sont des femmes.
Au niveau de la pension anticipée, près d’un travailleur sur quatre risque de se voir appliquer un malus parce qu’il ne remplit pas cette condition de travail.
Contrairement à d’autres mécanismes introduits par la réforme, certaines périodes assimilées, notamment les périodes de maladie et les congés pour soins, sont prises en compte pour vérifier la condition de travail permettant d’être dispensé du malus pension.
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